Instant sans vie

L’endroit un peu décati respire proprement l’ancien, la vieillesse mal vécue, un peu déchue.

La jeunesse s’est envolée. Elle est partie en lambeaux comme le papier peint. Marron éteint. Les fleurs sur les murs ont fané comme la propriétaire des lieux.

Le soleil a trop tapé au travers des vitres maintenant fermées.

La chaleur de fin de journée pèse dans l’appartement.

De la salle de bain, un chaud rayon de lumière s’échappe. Coquetterie, vestige d’un temps ancien où la musique faisait valser ses habitants.

Dans l’ombre du salon, un livre ouvert. Tombé de la bibliothèque ou laissé là au hasard de la lecture. Il semble perdu et bien seul.

Plus de visiteur, plus de lecteur, maintenant que l’habitante des lieux est sortie les pieds devant.

Crédit photo : Jonathan Stout sur unsplash